Assurance : là où le conseil en gestion des risques change la lecture du risque
- Samuel Tancoigne
- 17 janv.
- 2 min de lecture

Dans beaucoup d’entreprises, la gestion des risques est encore perçue à travers des outils : contrats d’assurance, procédures, obligations réglementaires. Tant que l’activité se déroule normalement, cette approche donne l’impression que tout est sous contrôle.
Le décalage apparaît le jour où un événement survient. Ce n’est pas l’absence d’assurance qui pose problème, mais la découverte que certaines décisions n’avaient jamais vraiment été pensées en amont. C’est précisément à cet endroit que le conseil en gestion des risques change la lecture du risque.
Le point de départ n’est pas un contrat ni une solution toute faite. C’est la réalité de l’entreprise : ce qu’elle fait réellement, la manière dont elle fonctionne au quotidien, ce dont elle dépend pour continuer à produire, vendre ou livrer. Le regard porté est volontairement concret. Il s’agit de comprendre ce qui se passerait si une activité clé venait à s’arrêter, même temporairement, et quels en seraient les impacts réels.
Cette approche intervient avant la crise. Elle ne cherche pas à réagir, mais à éclairer les décisions tant que le dirigeant a encore le choix. La question n’est pas d’éliminer tous les risques, ce qui n’a pas de sens, mais de savoir lesquels sont acceptables, lesquels doivent être réduits, préparés ou transférés. Cette réflexion permet d’éviter les décisions prises dans l’urgence, souvent coûteuses et imparfaites.
Le conseil en gestion des risques apporte aussi une lecture transversale. Les risques ne suivent jamais les organigrammes. Un même événement peut fragiliser la production, la trésorerie, les équipes et l’image de l’entreprise en même temps. Là où chaque fonction voit son périmètre, la gestion des risques relie les points et met en évidence des dépendances qui ne sont pas toujours visibles.
Dans cette logique, l’assurance retrouve sa juste place. Elle reste un levier indispensable, mais elle n’est plus la réponse automatique à toutes les incertitudes. Elle s’inscrit dans un ensemble plus large qui comprend la prévention, l’organisation interne et, lorsque c’est nécessaire, la continuité d’activité. L’objectif n’est ni de sur-assurer ni de sous-assurer, mais d’aligner les protections avec la réalité des enjeux.
Au fond, la valeur du conseil en gestion des risques tient à une chose simple : redonner au dirigeant une capacité de pilotage face à l’incertitude. Il ne s’agit plus de subir les événements ou de découvrir les limites d’un dispositif trop tard, mais de décider en connaissance de cause, avec une vision claire de ce qui est vraiment critique pour l’entreprise.
Cette démarche est souvent discrète. Elle ne promet pas le zéro risque et ne produit pas toujours des effets immédiats. Mais elle construit, dans le temps, de la cohérence, de la robustesse et une meilleure capacité à encaisser les chocs. C’est cette valeur, moins visible au départ, qui fait toute la différence lorsque l’imprévu survient.





Commentaires